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Site internet pour kiné : ce que la loi vous oblige à afficher

Depuis mars 2024, les kinésithérapeutes doivent afficher leurs tarifs et leur statut de conventionnement — y compris sur leur site web. Ce que dit l’INAMI, et ce qui remplit réellement un agenda.

Un kinésithérapeute mobilise le genou d’un patient allongé sur une table de soin

L’obligation que presque aucun site de kiné ne respecte

Commençons par ce que personne ne vous dit quand on vous vend un site.

La loi du 27 octobre 2021 impose aux dispensateurs de soins d’afficher les tarifs de leurs prestations les plus courantes. L’INAMI a publié les affiches officielles au Moniteur belge, et l’obligation s’applique depuis le 1er mars 2024. Les kinésithérapeutes sont explicitement concernés, au même titre que les dentistes, les infirmiers, les logopèdes, les sages-femmes, les pharmaciens, les audiciens, les bandagistes, les opticiens et les orthopédistes.

Le point qui concerne directement votre site tient en une ligne : les affiches doivent être placées à un endroit visible dans le cabinet, par exemple la salle d’attente, et par les canaux en ligne, si le praticien en dispose, comme un site web.

Autrement dit : si vous avez un site, l’affichage tarifaire s’y applique aussi. Ce n’est pas une bonne pratique commerciale, c’est une obligation — et c’est l’une des rares choses qu’un site de kiné doit contenir par la loi.

Ce que l’affiche doit reprendre Détail
Les prestations les plus courantes Celles de votre discipline, pas toute la nomenclature
Votre statut Conventionné complètement, partiellement et quand, ou pas du tout
Pour chaque prestation Le montant de l’assurance obligatoire, le ticket modérateur, le supplément maximum éventuel, et le total
En maison médicale Le coût des soins couverts par le paiement forfaitaire

L’INAMI met à disposition des modèles d’affiches prêts à l’emploi, avec une version pour les praticiens conventionnés et une autre pour les non-conventionnés. Sur un site, la solution la plus simple est une page « Tarifs » accessible depuis le menu, qui reprend l’affiche et la date de sa dernière mise à jour.

Conventionné ou non : dites-le avant qu’on vous le demande

C’est la première question du patient, et c’est celle à laquelle la plupart des sites ne répondent pas. Le patient qui hésite entre deux cabinets ne cherche pas votre parcours : il cherche combien il va payer et ce que sa mutuelle remboursera.

Dire clairement « conventionné » vous fait gagner des rendez-vous. Dire clairement « non conventionné », avec le supplément annoncé, vous évite des rendez-vous qui se seraient mal passés — et ceux-là coûtent plus cher qu’ils ne rapportent.

Si votre statut varie selon les plages horaires — la convention le permet — c’est précisément ce que l’affiche demande d’indiquer : conventionné partiellement, et quand.

Ce qui remplit réellement un agenda

Une fois l’obligation remplie, le reste du site n’a qu’un seul métier : transformer une recherche en rendez-vous. Trois leviers, par ordre d’efficacité.

La proximité. Un patient choisit un kiné près de chez lui ou de son travail. Votre adresse exacte, votre commune, les quartiers voisins et l’accès — parking, transports, accessibilité — comptent plus que n’importe quel texte sur votre philosophie de soin.

La prise de rendez-vous. Chaque appel téléphonique auquel vous ne pouvez pas répondre pendant une séance est un patient qui appelle le cabinet suivant. Une prise de rendez-vous en ligne, ou au minimum un numéro cliquable sur mobile et un créneau de rappel annoncé, change le taux de transformation plus que tout le reste.

Les pages par motif. Personne ne cherche « kinésithérapie ». On cherche « kiné lombalgie », « rééducation après prothèse de genou », « kiné respiratoire bébé », « rééducation périnéale », presque toujours avec un nom de commune. Une page par motif principal — ce qui se passe pendant la séance, combien de séances en général, ce qu’il faut apporter — répond à la question réelle du patient, et c’est exactement ce que Google et les outils d’IA reprennent.

Vos photos valent mieux que celles-ci

Une salle d’exercices moderne équipée de tapis de course et de vélos d’appartement

Cette image est une photo de banque d’images. Elle est propre, moderne, et elle ne vous ressemble pas. C’est exactement ce qu’il ne faut pas mettre sur un site de kiné.

Le patient qui hésite veut savoir à quoi ressemble l’endroit où il va passer trente minutes à moitié déshabillé : votre table, votre salle, l’entrée du bâtiment, le parking. Trois photos réelles, même prises au téléphone avec un peu de lumière, valent mieux que dix images de catalogue. Et une photo de vous, de face, fait plus pour la prise de rendez-vous que n’importe quel paragraphe de présentation.

Données de santé : ce que votre formulaire ne doit pas demander

Le réflexe habituel du formulaire de contact — « décrivez votre problème » — est une mauvaise idée pour un kiné.

Le motif d’une consultation est une donnée de santé, une catégorie particulière au sens du RGPD, dont le traitement est en principe interdit sauf exception. Un formulaire qui collecte ces informations les fait transiter par des e-mails, des boîtes de réception partagées et parfois des serveurs hors de l’Union européenne, sans que personne n’ait décidé quoi que ce soit.

La règle est simple : ne demandez que ce dont vous avez besoin pour rappeler la personne. Un nom, un numéro, une disponibilité. Le reste se dit de vive voix, où il est protégé par le secret professionnel. Prévoyez aussi une politique de confidentialité qui dit ce que vous faites des demandes reçues et combien de temps vous les conservez.

Les pages qui comptent vraiment

Pour un cabinet de kiné, un bon site tient en huit pages, pas quarante :

  • l’accueil, qui dit en une phrase ce que vous traitez, où, et comment prendre rendez-vous ;
  • une page par motif principal — trois à cinq suffisent ;
  • une page « Tarifs » reprenant l’affiche officielle et votre statut de conventionnement ;
  • une page « Le cabinet » avec les vraies photos, l’accès, le parking, l’accessibilité ;
  • une page par kiné si vous êtes plusieurs, avec les spécialités de chacun ;
  • les informations pratiques : horaires réels, prescription nécessaire ou non, ce qu’il faut apporter ;
  • le contact, avec un formulaire minimal ;
  • les mentions légales et la politique de confidentialité.

C’est ce format que je construis pour les cabinets : sobre, rapide, à jour, et conçu pour qu’un patient trouve en dix secondes ce qu’il est venu chercher. Si vous voulez voir ce que ça donne, c’est l’objet de ma page création de site vitrine.

Questions fréquentes

Un kiné est-il obligé d’afficher ses tarifs sur son site internet ?

Oui, si le site existe. L’INAMI indique que les affiches tarifaires doivent être placées à un endroit visible du cabinet, par exemple la salle d’attente, et par les canaux en ligne lorsque le praticien en dispose, comme un site web. L’obligation découle de la loi du 27 octobre 2021 et s’applique depuis le 1er mars 2024, date de publication des affiches au Moniteur belge. Elle concerne notamment les kinésithérapeutes, les dentistes, les infirmiers, les logopèdes, les sages-femmes et les pharmaciens.

Que doit contenir exactement l’affiche tarifaire ?

Elle reprend les prestations les plus courantes de la discipline et, pour chacune, le montant remboursé par l’assurance obligatoire, la part qui reste à charge du patient, le supplément maximum éventuel et le total. Elle indique aussi si le praticien est conventionné complètement, partiellement et à quels moments, ou pas du tout. L’INAMI met des modèles d’affiches à télécharger, avec une version pour les conventionnés et une autre pour les non-conventionnés.

Faut-il un formulaire de contact qui demande le motif de consultation ?

Non, et c’est même à éviter. Le motif d’une consultation est une donnée de santé, c’est-à-dire une catégorie particulière de données au sens du RGPD, dont le traitement est en principe interdit sauf exception. Un formulaire de prise de contact n’a pas besoin de ces informations : le nom, un moyen de contact et une disponibilité suffisent. Le reste se dit au téléphone ou au cabinet, où il est protégé par le secret professionnel.

Quelles pages font vraiment venir des patients ?

Celles qui répondent à un motif précis plutôt qu’à une spécialité générale. Un patient ne cherche pas « kinésithérapie » : il cherche « kiné lombalgie », « rééducation après prothèse de genou », « kiné périnéale », souvent avec le nom de sa commune. Une page par motif principal, écrite dans les mots du patient, avec le déroulé d’une séance et le nombre de séances habituel, vaut mieux qu’une longue page qui énumère toutes vos compétences.

Mon site doit-il reprendre mon numéro INAMI ?

Ce n’est pas une obligation issue de l’affichage tarifaire, mais c’est une bonne pratique : le numéro INAMI rassure le patient sur le fait que les séances seront remboursées, et il évite une question au téléphone. Affichez-le avec les informations qui comptent vraiment pour un patient : l’adresse exacte, l’accès et le parking, les horaires réels, et la marche à suivre pour obtenir un rendez-vous.

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