Audit SEO gratuit : le faire vous-même, et savoir lire les résultats
Faire un audit SEO gratuit de votre site en une heure, avec les outils de Google et quelques outils gratuits : quoi regarder, dans quel ordre, et comment trier les alertes qui comptent.
Ce que vaut une note sur 100
Tapez « audit seo gratuit » sur Google : vous tomberez surtout sur des outils en ligne. Vous entrez l’adresse de votre site, et quelques secondes plus tard s’affiche une note, accompagnée d’alertes rouges, orange et vertes.
Ces outils ne sont pas inutiles. Ils repèrent vite une balise manquante, une image trop lourde ou un titre trop long. Mais ils ont trois limites qu’il faut connaître avant de prendre leur note au sérieux :
- Ils ne voient qu’une page, souvent la page d’accueil, alors que vos clients arrivent par vos pages de services.
- Ils ne savent pas ce que vous vendez. Ils vérifient qu’un titre existe, pas qu’il contient les mots que vos clients tapent.
- Toutes les alertes se ressemblent. Une description un peu trop longue et une page bloquée pour Google apparaissent dans la même liste, avec la même couleur.
Un site peut obtenir 90 sur 100 et ne recevoir aucune visite de Google. L’inverse existe aussi.
La bonne nouvelle : les données qui comptent vraiment sont gratuites, et c’est Google lui-même qui les fournit.
Les outils gratuits, et ce que chacun voit
| Outil | Ce qu’il montre | Ce qu’il ne montre pas |
|---|---|---|
| Google Search Console | Les pages que Google a indexées ou exclues, et pourquoi ; les recherches sur lesquelles vous apparaissez, vos positions et vos clics | Ce que font vos concurrents |
| PageSpeed Insights | La vitesse de chaque page sur mobile et sur ordinateur, avec les données réelles de vos visiteurs quand Google en dispose | Si la page répond à la recherche |
| Test des résultats enrichis (Google) | Si vos données structurées sont lues correctement : avis, FAQ, horaires, adresse | Le reste du référencement |
| Bing Webmaster Tools | Un équivalent de la Search Console pour Bing, avec un scan technique du site | Les données propres à Google |
| Screaming Frog (version gratuite) | Toutes les pages du site, comme un robot les parcourt : titres, erreurs, redirections, pages en double. Limité à 500 adresses | Les positions et les mots-clés |
| Ahrefs Webmaster Tools (rebaptisé Ahrefs Free) | Un audit technique et les liens qui pointent vers votre site. Gratuit pour un site dont vous prouvez être propriétaire | Le volume de recherche détaillé de votre marché |
| Outils en ligne avec une note | Un contrôle rapide d’une page : balises, poids, quelques points techniques | Tout le reste du site, et le contexte de votre activité |
Pour un premier audit, les trois premiers suffisent. Si vous n’avez pas encore de Search Console, c’est la première chose à créer : sans elle, vous ne savez pas ce que Google voit de votre site.
L’audit gratuit en une heure, étape par étape
Étape 1 : Google voit-il vos pages ? (15 minutes)
Dans la Search Console, ouvrez le rapport Pages. Il sépare les pages indexées de celles que Google a exclues, et donne la raison de chaque exclusion.
Regardez d’abord ce chiffre : vos pages importantes sont-elles indexées ? Vos pages de services, votre page contact, vos pages locales. Si l’une d’elles manque, entrez son adresse dans la barre Inspection de l’URL, en haut de la Search Console. Google vous dit s’il la connaît, quand il l’a explorée, et ce qui l’empêche de l’afficher.
Certaines exclusions sont normales : les pages de résultats de recherche interne, les anciennes adresses redirigées, les doublons que Google a écartés lui-même. D’autres méritent qu’on s’y arrête :
- « Exclue par la balise noindex » sur une page qui devrait apparaître : une case cochée par erreur, souvent après une mise en ligne.
- « Explorée, actuellement non indexée » sur une page importante : Google l’a vue et ne la juge pas assez utile pour l’afficher. C’est souvent un problème de contenu.
- Des erreurs 404 sur des adresses qui recevaient des visites : une refonte sans redirections.
Étape 2 : sur quoi apparaissez-vous déjà ? (15 minutes)
Toujours dans la Search Console, ouvrez Performances, sur les douze derniers mois. Triez les requêtes par nombre d’impressions, c’est-à-dire le nombre de fois où votre site s’est affiché dans les résultats.
Trois situations sont parlantes :
- Beaucoup d’impressions, presque aucun clic : Google vous montre, mais trop bas, ou avec un titre qui ne donne pas envie de cliquer.
- Des positions entre 8 et 20 : vous êtes en bas de la première page ou en deuxième page. Ce sont souvent les gains les plus rapides.
- Les recherches qui vous intéressent n’apparaissent pas du tout : aucune page de votre site n’y répond. Il en manque une.
Cliquez ensuite sur une requête, puis sur l’onglet Pages : vous voyez quelle page Google montre pour cette recherche. Si c’est la page d’accueil alors que vous avez une page dédiée, ou si deux pages se partagent la même recherche, vous avez trouvé un problème de structure.
Étape 3 : vos pages sont-elles rapides sur mobile ? (10 minutes)
Entrez l’adresse de votre page d’accueil, puis de votre page de service la plus importante, dans PageSpeed Insights. Regardez la partie du haut, qui affiche les données réelles de vos visiteurs quand Google en a assez. Google considère qu’une page offre une bonne expérience quand :
- le contenu principal s’affiche en 2,5 secondes maximum (LCP) ;
- la page réagit à un clic en 200 millisecondes maximum (INP) ;
- la mise en page ne saute pas pendant le chargement (CLS inférieur à 0,1).
La note de la partie basse, calculée en laboratoire, varie d’un test à l’autre. Ne vous y attachez pas.
Étape 4 : vos titres donnent-ils envie de cliquer ? (10 minutes)
Tapez dans Google site:votredomaine.be : vous voyez la liste de vos pages telles que Google les présente. Lisez les titres et les descriptions comme si vous étiez un client :
- Chaque titre dit-il ce que la page propose, et où ?
- Deux pages ont-elles le même titre ?
- Le nom de votre entreprise prend-il toute la place ?
Puis faites l’exercice le plus utile de tout l’audit : en navigation privée, tapez ce qu’un client taperait pour vous trouver. Notez qui apparaît avant vous, et ouvrez leurs pages. Ce qu’ils ont et que vous n’avez pas, c’est souvent votre plan d’action.
Étape 5 : Google comprend-il qui vous êtes ? (10 minutes)
Passez votre page d’accueil dans le test des résultats enrichis de Google. Il indique si vos données structurées sont détectées et valides. C’est ce qui aide Google à comprendre votre nom, votre adresse, vos horaires ou vos avis. J’explique ce qu’elles apportent vraiment dans l’article sur les données structurées.
Si vos clients viennent d’une zone précise, vérifiez enfin votre fiche Google Business Profile : le nom, l’adresse et le téléphone sont-ils exactement les mêmes que sur votre site ? Pour aller plus loin sur ce point, voici comment optimiser votre fiche Google Business Profile.
Trier les alertes : ce qui est grave, et ce qui ne l’est pas
À la fin de l’heure, vous aurez une liste. Voici comment la trier.
| C’est grave | Ça peut attendre |
|---|---|
| Une page importante non indexée | Une description un peu trop longue |
| Une page bloquée par un noindex ou le fichier robots.txt | Une image sans texte alternatif sur une page secondaire |
| Des anciennes adresses en erreur 404 qui recevaient des visites | Un titre de 65 caractères au lieu de 60 |
| Deux pages qui se disputent la même recherche | Une note de vitesse « orange » en laboratoire |
| Aucune page pour une recherche qui vous rapporte | Une alerte « peu de mots » sur la page contact |
| Des coordonnées différentes entre le site et la fiche Google | Deux titres H1 sur une même page |
La règle est simple : ce qui empêche Google de voir ou de comprendre une page importante passe avant tout le reste. Les détails de forme ne valent la peine que lorsque les fondations tiennent.
Ce qu’un audit gratuit ne vous dira pas
L’heure que vous venez de passer vous dit si votre site a un problème évident. Elle ne répond pas à trois questions :
- Quelles recherches valent la peine ? Les volumes de recherche, la difficulté et la valeur commerciale d’un mot-clé demandent des outils payants, et surtout de savoir ce que vous vendez.
- Pourquoi un concurrent passe devant ? Ses contenus, ses liens, la structure de son site : la comparaison demande du temps et de la méthode.
- Par quoi commencer, avec votre budget ? Une liste d’alertes ne dit pas laquelle vous rapportera le plus.
Le maillage entre vos pages est un bon exemple : aucun outil gratuit ne vous dira quelles pages lier entre elles pour votre activité. J’en parle dans le maillage interne, la technique gratuite qu’on oublie.
Si votre audit gratuit révèle un problème que vous ne savez pas expliquer, ou si tout semble correct mais que les visites ne viennent pas, c’est le moment d’un regard extérieur. C’est l’objet de mon audit SEO : le même travail que ci-dessus, poussé jusqu’au bout, avec la concurrence et un plan d’action classé par priorité.
Questions fréquentes
Un audit SEO gratuit en ligne est-il fiable ?
Pour ce qu’il mesure, oui : une balise absente est bien absente. Mais il n’analyse souvent qu’une page, et il ne sait pas quelles recherches comptent pour vous. Utilisez-le pour repérer des erreurs techniques, pas pour juger votre référencement.
Faut-il être technicien pour utiliser la Search Console ?
Non. Les deux rapports utiles pour commencer, Pages et Performances, se lisent sans connaissance technique. La seule étape un peu technique est la validation du site, au moment de créer le compte. Si votre site a été fait par un prestataire, demandez-lui de vous donner un accès.
À quelle fréquence refaire cet audit ?
Un coup d’œil mensuel au rapport Performances suffit pour repérer une baisse. Refaites l’heure complète après chaque changement important : une refonte, un changement d’hébergement, l’ajout de nouvelles pages, ou une chute de visites inexpliquée.
Mon site est en français et en néerlandais : qu’est-ce qui change ?
Dans la Search Console, filtrez les performances par pays et par page, pour vérifier que vos pages néerlandaises apparaissent bien en Flandre. Vérifiez aussi qu’aucune version linguistique n’est exclue de l’index comme doublon de l’autre : c’est le signe que les deux versions ne sont pas correctement reliées entre elles.